Cultiver la curiosité pour récolter la relève

« Le secteur agricole est vaste, multiforme et en croissance. Comment sensibiliser le public à cette réalité et susciter l’enthousiasme à l’égard du secteur pour attirer des nouveaux venus? »

Lorsque je réfléchis aux moments phares de mon parcours préuniversitaire, je me souviens des classes vertes au primaire, d’un stage humanitaire au Sénégal, ainsi que d’un voyage de canot-camping sur la rivière Harricana en Abitibi à la rencontre de la Nation Anishnabe au secondaire. De tels événements inoubliables m’ont donné, à moi et à nombre de mes collègues, la piqûre pour les voyages et la soif de découvrir et comprendre le monde. Pourquoi? Parce que ces expériences étaient concrètes, qu’elles ont eu lieu sur le terrain; elles se prêtaient à l’apprentissage par l’expérience. L’agriculture saurait-elle en faire autant?

Si on m’avait demandé comment opère une ferme à 15 ans, j’aurais été incapable de formuler une réponse intelligible. Pour ma défense, j’ai passé le plus clair de mon enfance en milieu urbain ou suburbain. Nombreux sont ceux qui ignorent la réalité agricole.

À mon humble avis d’entomologiste, pour attirer la relève, il est impératif d’éduquer le public. L’heure est venue de montrer que l’agriculteur est capable de comprendre des phénomènes scientifiques complexes. J’ai eu la chance de côtoyer à l’Université de Guelph (Ontario Agricultural College) des étudiants enthousiastes, du premier cycle et des études supérieures, qui s’outillaient dans le but de s’impliquer au sein d’exploitations agricoles. L’innovation bat son plein. J’ai travaillé dans une PME québécoise dynamique et visionnaire qui offre aux agriculteurs des services agroalimentaires centralisés, des forfaits de suivi de culture, du dépistage, des recommandations agronomiques, et une visibilité internationale et des services de courtage à titre d’intermédiaire pour la vente de leurs produits, mais aussi l’analyse de rentabilité, l’aide à la recherche, le transfert technologique et l’expertise légale. J’ai étudié l’écologie des insectes à la maîtrise. Je travaille désormais dans un centre de recherche en grandes cultures où je collabore sur des projets de recherche en entomologie visant à déterminer des méthodes plus respectueuses de l’environnement qui permettront de minimiser l’impact des insectes ravageurs. Qu’ont en commun toutes ces expériences? Elles m’ont permis de connaître des producteurs à l’affût de la santé de l’environnement, désireux de trouver des solutions pour développer de meilleures pratiques agricoles et curieux de savoir sur quels projets de recherche je travaille.

Le secteur agricole en est un d’avenir! Pour créer l’engouement chez les jeunes et faire en sorte qu’ils croient et s’investissent dans son potentiel, nous devons vanter les percées et l’utilisation de nouvelles technologies de pointe. À titre d’exemple:

Pourquoi ne pas promouvoir des programmes dans les écoles, des visites de classes, des camps d’été, des cours de cuisine avec les aliments qu’on cultive, ou même des semaines vertes sur une ferme organisées autour de la production agroalimentaire? Il faut semer l’engouement jeune et passer le message qu’il y a un futur en agriculture, des emplois gratifiants, passionnants et importants. Comme pour les classes vertes du primaire, le stage au Sénégal et le canot-camping en Abitibi, je crois que l’initiation passe par le terrain, par la rencontre de l’autre, les deux mains dans la terre!

Toutefois, il serait trompeur d’entretenir une vision au travers de lunettes roses du secteur agricole. Et je crois qu’il est important de mettre en lumière ses défis – pour ne pas dire ses crises – afin de pouvoir les adresser : les suicides, les faillites, l’isolement, l’empreinte écologique. Ces maux sont les défis de la relève. Soyons bien clairs; il y a du travail à faire.

Mon mot de la fin est ceci. Le secteur agricole est vaste, multiforme et en croissance. Peu importe la discipline par laquelle on s’intéresse à l’agriculture, que l’on provienne de l’informatique, de la géographie, de l’enseignement, de l’ingénierie, de la culture, de la psychologie, du marketing, de la biologie, de la chimie, des communications, de la foresterie, de la finance, du droit, du tourisme, de la distribution et logistique, etc. À la croisée des chemins, il y a votre champ… d’expertise à découvrir! Comment sensibiliser le public à cette réalité et susciter l’enthousiasme à l’égard du secteur pour attirer des nouveaux venus? Il faut leur offrir la chance d’y prendre part dès la petite école : cultiver la curiosité pour récolter la relève!

* Ce billet de blog a été rédigé dans le cadre du Prix d’excellence pour les étudiants en agriculture de Gestion agricole Canada : https://www.fmc-gac.com/fr/programs-services/national-awards-scholarships-2/

Remerciements : Carla Parodi, Suzanne Deutsch, Alexis Latraverse

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