L’entomologie derrière Dévorés

Dans mon roman « Dévorés », les guêpes sont présentées comme des bestioles abominables tandis qu’en réalité, les insectes sont loin d’être monstrueux.  Les guêpes du roman sont dépeintes ainsi pour servir le but de raconter une histoire post-apocalyptique, un genre littéraire qui me plaît bien. En vérité, j’aime dire que chaque insecte possède un nom et une histoire à raconter. Il existe un monde fascinant qui foisonne sous nos yeux, sur lequel il reste tant à découvrir. Trop souvent, on ne sait même pas comment nommer ce qu’on observe. Ainsi, j’ai repris un projet que j’avais commencé lors d’un séjour à la Station Linné en Suède pour permettre à tous de faire la connaissance des divers ordres d’insectes.

On peut organiser la vie sur Terre selon la nomenclature binomiale systématisée par Carl von Linné : un système qui permet de classer toute forme de vie selon le genre et l’espèce. Grosso modo, l’être humain se situe dans le règne Animalia, dans l’ordre des Primates, dans la famille Hominidae; le genre est Homo et l’espèce se nomme Homo sapiens. Je saute quelques niveaux de classification pour garder les choses simples. Suivant le même principe, le papillon Monarque se trouve également dans le règne Animalia, dans l’ordre Lepidoptera, dans la famille Nymphalidae; le genre est Danaus et l’espèce s’appelle Danaus plexippus. Personnellement, j’aime bien utiliser les noms latins puisqu’ils sont universels; c’est pratique lorsqu’on rencontre des gens qui ont fait leurs études dans une autre langue. Plutôt que de dire papillon en français, butterfly en anglais, mariposa en espagnol, borboleta en portugais, fjäril en suédois… On se comprend avec le terme Lepidoptera!

Règne > Ordre > Famille > Genre > Espèce

Si les prochaines pages vous laissent sur votre faim et que vous voulez en savoir davantage, je vous encourage à contacter la société entomologique de votre province/état/pays. La plupart ont un groupe sur Facebook. Certaines régions ont des groupes d’amateurs qui se rencontrent pour partager leur passion; par exemple, l’Association des entomologistes amateurs du Québec. Il y a également des sociétés professionnelles qu’intègrent les chercheurs pour présenter leurs recherches lors des congrès annuels, comme la Société d’entomologie du Québec. De plus, la Société d’Entomologie du Canada possède aussi un blogue qui partage des nouvelles sur les insectes. Ces sociétés se réunissent annuellement afin de tenir des conférences et permettre aux entomologistes de partager les dernières actualités en recherche. N’oubliez pas de visiter l’Insectarium de Montréal fondé par Georges Brossard si vous en avez l’occasion! Voici donc, pour votre loisir, un petit guide illustré des groupes d’insectes du monde entier.

La classe Entognatha

Les insectes ont six pattes. C’est un fait bien connu. Mais, si on souhaite présenter ce groupe de manière efficace, il est utile de mentionner que, dans le sous-embranchement Hexapoda (Hexa = six, Poda = pattes), on retrouve deux classes : les insectes (Classe Insecta), mais aussi des non-insectes dans la classe Entognatha : les protoures (Protura), les collemboles (Collembola) et les diploures (Diplura). Malgré leurs six pattes, ce ne sont pas des insectes! Contrairement aux membres de la classe Insecta, les membres de la classe Entognatha (Ento = à l’intérieur, Gnatha = mâchoire) possèdent un appareil buccal, leur mâchoire, à l’intérieur de leur tête. On remarquera aussi qu’ils n’ont pas d’ailes, mais ce n’est pas un bon critère pour les différencier de leurs cousins puisque certains insectes sont également dépourvus d’ailes.

Protura

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Les protoures sont des arthropodes qui vivent dans le sol ou dans la matière organique en décomposition dont ils se nourrissent. Ils mesurent généralement moins d’un millimètre. Ils n’ont ni yeux, ni ailes, ni antennes, ni cerques[1]. Ils sont couverts de petits poils. La tête est de forme conique. La première paire de pattes possède des petits poils sensoriels et agit ainsi à titre d’antenne.

Collembola

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Les collemboles mesurent jusqu’à six millimètres et se présentent sous deux formes, soit élancée ou globulaire. Ils sont dotés d’un appendice fourchu replié sous leur abdomen qui leur permet de voltiger. Les antennes et l’abdomen comptent peu de segments. Les collemboles sont parfois couverts d’écailles, et très colorés. Sur leur ventre, ils possèdent une structure tubulaire nommée collophore qui leur permet d’adhérer à des surfaces glissantes. Peu se nourrissent de plantes, ils préfèrent généralement la matière organique en décomposition; c’est pourquoi on en retrouve souvent dans des milieux humides et au niveau du sol.

Diplura

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Les diploures sont sans pigments et n’ont ni yeux ni ailes. On les retrouve sous les roches et les troncs d’arbres de forêts humides. Les antennes ressemblent à des filaments de perles projetés vers l’avant. Les tarses comptent un seul segment. Les cerques à l’extémité de l’abdomen sont composés soit de longs filaments ou bien en forme de pinces comme chez les perce-oreilles (Dermaptera). Ici aussi, l’appareil buccal est imbriqué dans la tête.

Classe Insecta

À partir d’ici, ce sont les véritables ordres d’insectes!

Archaeognatha

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Ces insectes n’ont pas d’ailes. Le filament terminal est bien plus long que les cerques. Le corps est courbé comme le Bossu de Notre-Dame, couvert d’écailles et ils ont parfois de petits membres sur leur côté ventral. Ils possèdent de larges yeux composés (soient formés de petites unités qu’on appelle ommatidies). L’appareil buccal consiste en mandibules et de longs palpes. La mâchoire est attachée à la tête d’un seul joint.

Zygentoma

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Malgré quelques ressemblances avec les Archaeognatha au corps courbé, les Zygentoma sont complètement plats. Tous deux sont couverts d’écailles. Ils ont aussi trois appendices à l’extrémité de l’abdomen, mais le filament terminal de Zygentoma est aussi long ou juste un peu plus long que les cerques. Les yeux sont inexistants ou parfois présents comme de petits yeux composés. Ils possèdent de petites mandibules. La mâchoire est attachée à la tête par deux joints, un trait qui revient chez tous les insectes à partir d’ici sauf chez Archaeognatha. Ce sont les poissons d’argent souvent trouvés dans les salles de bain ou les sous-sol de maison.

Ephemeroptera

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L’ordre des éphémères se distingue généralement par deux paires d’ailes triangulaires, relevées ensemble au-dessus de l’insecte au repos, riches en veines. Les ailes arrière sont bien plus petites que les ailes avant, parfois vestigiales (peu présentes) ou même inexistantes. Deux ou trois longs cerques sont présents à l’extrémité de l’abdomen. Les antennes sont minuscules, courtes et ressemblent à une petite série de billes. Les yeux composés sont larges et les éphémères possèdent trois ocelles. L’appareil buccal des adultes est non-fonctionnel; ce sont les larves aquatiques qui se nourrissent et emmagasinent l’énergie qu’utilisera l’adulte pour se mouvoir et se reproduire. Ces insectes émergent en larges groupes au printemps et vous pouvez les trouver sur les voitures et les maisons à proximité des cours d’eau.

Odonata

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L’ordre des libellules (sous-ordre Anisoptera) et des demoiselles (sous-ordre Zygoptera) se distingue des autres ordres par un corps long, mince et élancé. Les ailes sont longues et étroites, de taille similaire. Les libellules gardent les ailes ouvertes au repos, tandis que les demoiselles les gardent jointes au-dessus de leur corps (voir illustration). Les antennes sont courtes et les yeux occupent une portion importante de la tête. Les mandibules sont rigides pour mordre et mâcher les proies. Les larves sont aquatiques et de féroces prédateurs avec leurs pièces buccales articulées.

Notoptera

On place dans cet ordre deux groupes. Le premier, Grylloblattodea, possède des yeux composés réduits ou inexistants, et n’a pas d’ocelles ni d’ailes. Les cerques et les antennes sont longs. Les mandibules sont bien développées. Leur distribution se limite aux climats froids et aux hautes altitudes de l’ouest de l’Amérique du Nord et de l’Asie centrale et orientale. On peut les voir marcher sur la neige en montagne. Cet ordre a été découvert et décrit à partir de spécimens provenant de Banff en Alberta par Walker en 1914. C’est pourquoi il s’agit de l’insecte emblématique de la Société d’entomologie du Canada. On peut confondre les larves et les adultes pour des criquets, mais leurs habitats sont très différents.

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Le second groupe, Mantophasmatodea, est dépourvu d’ailes et ressemble à un croisement entre une mante et un phasme. Les membres de ce groupe sont restreints à l’ouest de l’Afrique du Sud et la Namibie.

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Phasmatodea

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Les phasmes ressemblent à des bâtons ambulants ou à des feuilles. Les ailes peuvent être présentes, réduites ou inexistantes. Ils ont de longues jambes et de longues antennes, et des yeux composés.

Orthoptera

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Un soir d’été à la campagne, on peut entendre les stridulations des orthoptères. On pense ici aux criquets et aux sauterelles. Ce groupe possède des pattes arrières musclées pour sauter, et un pronotum qui recouvre le thorax un peu comme la selle d’un cheval, les ailes au-dessus de l’abdomen comme une tente de camping, et les épines sur les tibias arrières. Ils possèdent des mandibules pour mastiquer les plantes qu’ils consomment.

On tend à faire la distinction entre le groupe Ensifera (longues antennes) qui produit du son en frottant leurs ailes ensemble et le groupe Caelifera (courtes antennes) qui produit du son en frottant leurs jambes contre leurs ailes, même si la stridulation est moins commune dans ce groupe. Les ensifères ont des oreilles sur leurs tibias avant, tandis que les cælifères ont leurs tympans sur leur abdomen. Durant l’accouplement, chez les Ensifera, le mâle est en-dessous, tandis que chez Caelifera, le mâle est sur le dessus et reste même attaché pendant longtemps afin d’être le seul à fertiliser la femelle. Les Caelifera sont actifs durant le jour, Ensifera durant la nuit.

Dermaptera

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On reconnaît les perce-oreilles (qui ne percent pas vraiment les oreilles) grâce à leurs cerques en forme de pinces au bout de l’abdomen. Les pinces des mâles sont courbées, tandis que ceux des femelles sont droites. Les tarses comptent trois segments. Les ailes antérieures ont une texture qui ressemble au cuir et se rencontrent en une ligne droite. On peut parfois voir les ailes postérieures dépasser. Les mandibules servent à mordre et à mâcher. On les rencontre souvent dans les maisons et sous-sol par temps humide.

Embiodea

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On trouve des embioptères avec et sans ailes (enfin si on arrive à mettre la main dessus puisqu’ils sont plutôt rares!). Généralement les mâles sont ailés et les femelles aptères (sans ailes). Les mandibules dépassent de la tête. Des yeux composés, mais pas d’ocelles. De longues antennes comprenant jusqu’à 32 segments. Les pattes sont courtes, mais trapues. Le premier tarsomère est gonflé sur les pattes avant et contient des glandes pour produire de la soie. Les cerques sont présents à la fin de l’abdomen.

Plecoptera

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Les plécoptères ont des veines qui ressemblent à une double échelle dans les ailes avant. Les ailes sont souvent repliées l’une sur l’autre, horizontalement au-dessus du corps de l’insecte. Les antennes sont filiformes, en forme de fil. Les cerques sont comme de longs filaments. L’aile arrière est plus large que l’aile avant. Deux ou trois ocelles. Un appareil buccal pour mâcher. Les larves sont aquatiques.

Zoraptera

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Les zoraptères sont des insectes rares et polymorphes; les yeux et les ailes sont inexistants chez la plupart des individus. Rarement en trouve-t-on avec ces caractéristiques. Les cerques sont courts et les mandibules sont accompagnées de palpes et le segment le plus éloigné de l’insecte est enflé.

Blattodea (incluant Isoptera)

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Un groupe qui reçoit peu d’affection : les cafards, les coquerelles et les termites. Avec leur corps aplati et des cerques sur le dernier segment abdominal, ils possèdent de longues jambes épineuses et de longues antennes. Les ailes antérieures ont l’allure du cuir et reposent l’une sur l’autre. Le pronotum ressemble à un bouclier, couvrant le thorax et une bonne portion de la tête. Des mandibules pour mâcher. Or, pas toutes les coquerelles ont une mauvaise réputation. La blatte de Madagascar par exemple, n’a pas d’ailes et produit un sifflement, ce qui en fait un animal de compagnie populaire.

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Les termites sont dans l’ordre Blattodea, dans le sous-ordre Isoptera. Ces insectes vivent en colonies. Seulement les mâles et femelles reproducteurs possèdent des ailes, alors que les autres castes, soldats et travailleurs, en sont dépourvus. Lorsque la femelle est fécondée et a trouvé un lieu pour sa nouvelle colonie, elle va couper ses ailes et passer le reste de sa vie sous terre.

Mantodea

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Les mantes sont des prédateurs au corps généralement élancé et des jambes avant avec le fémur épineux et le tibia qui forme une pince pour attraper leurs proies. Chez la mante religieuse, contrairement à la croyance populaire, la femelle n’a pas à tout coup besoin de manger le mâle pendant ou après l’accouplement.

Psocodea

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On trouve dans l’ordre Psocodea le sous-ordre Psocoptera, soit les psocoptères qui possèdent un « nez ». Cette protubérance à l’avant du visage est le postclypeus. Les antennes sont filiformes. Dans les ailes antérieures, il y a une cellule en forme de canal et deux cellules triangulaires caractéristiques. Il existe des espèces ailées et aptères. Les mandibules sont primitives et difficiles à observer, elles servent surtout pour gratter.

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Ensuite, il y a le sous-ordre Phtiraptera contient les poux, de petits insectes complètement dépourvus d’ailes. Le corps est étroit et plat, la tête est ovale. Les yeux composés sont réduits et l’ocelle absent. Les antennes sont courtes. Les jambes courtes et robustes. L’appareil buccal permet de sucer ou de mâcher.

Thysanoptera

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Les thrips sont de minuscules insectes très étroits. Leurs ailes sont bordées de poils. Les antennes sont courtes. Les mandibules sont non-symétriques, ce qui est plutôt unique. La mandibule droite est toujours réduite ou absente, tandis que la gauche est un large stylet.

Hemiptera

Les hémiptères comportent trois sous-ordres : les Heteroptera (punaises), les Auchenorrhyncha (cicadelles, membracides, cigales), les Sternorrhyncha (pucerons, cochenilles, aleurodes).

Les hétéroptères (ci-dessous) ont les ailes avant croisées (bien que des ailes réduites ou absentes soient possibles). La portion basale (plus proche du corps) de l’aile antérieure est épaisse et souvent colorée (sauf chez les espèces aquatiques). L’appareil buccal est un stylet qui émerge du devant de la tête. Ne pas les confondre avec les coléoptères, qui ont des appareils buccaux pour mâcher et les ailes se rencontrent en une ligne droite et centrée. La punaise d’eau géante (ou léthocère) est locale et très étonnante puisqu’elle figure parmi nos insectes aquatiques les plus gros au Canada.

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Les hémiptères Auchenorrhyncha (ci-dessous) ont les ailes antérieures de texture uniforme (en contraste avec les hétéroptères) et tenues au-dessus du corps comme une tente. Leur tête rappelle celle d’un requin et les antennes sont comparativement courtes et très fines comme un petit filament. Les tarses sont en trois segments. Les pièces buccales forment un stylet qui émerge de l’arrière de la tête. Un exemple bien connu serait celui des cigales et de leur son caractéristique en été. Certaines espèces de cigales sont périodiques et émergent seulement chaque 13 ou 17 ans.

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Les hémiptères Sternorrhyncha (ci-dessous) peuvent être ailés (de texture uniforme avec un ptérostigma) ou sans ailes (aptères). Les antennes sont longues et filiformes, les tarses avec un ou deux segments. L’appareil buccal (stylet) est plutôt vers l’arrière de la tête. Les femelles chez certaines espèces (ex. cochenilles) ressemblent à des écailles et ont parfois des prolongations tout le long du corps ressemblant à des tentacules.

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Neuroptera

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Les neuroptères ont de grands yeux composés, avec ou sans ocelles. Les quatre ailes sont habituellement de taille similaire et ont une forme arrondie au bout, tenues au-dessus du corps comme une tente. Toutes les ailes ont un riche réseau de veines qui tendent à se diviser en « Y » vers le périmètre de l’aile. Les antennes sont très longues et érigées vers l’avant. Les pièces buccales sont de solides mandibules pour mastiquer. Certains neuroptères ressemblent à des libellules avec des antennes aux extrémités arrondies. La larve du fourmilion creuse un puit dans la terre pour attraper les proies qui y tombent[2].

Megaloptera

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Les mégaloptères sont de longs insectes aux couleurs souvent sombres. Les ailes sont très grandes et de taille égale, encore ici tenues comme une tente au-dessus du corps. Les ailes postérieures élargies avec un lobe vers l’arrière. Les antennes longues et dirigées vers l’arrière. Toutes les ailes ont un riche réseau de veines et peu d’entre elles tendent à se diviser en « Y » vers la marge de l’aile. Les pièces buccales sont de solides mandibules pour mastiquer et peuvent atteindre des tailles allait jusqu’à mesurer plus de la moitié du corps de l’insecte! Le dimorphisme sexuel est à noter chez les mégaloptères. Les mâles ont généralement des mandibules beaucoup plus grosses que les femelles.

Raphidioptera

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Les raphidioptères se distinguent des autres insectes grâce à leur prothorax ressemblant à un long cou. Deux paires d’ailes membraneuses de taille semblable avec un patron de veines primitif. La veine qui borde l’aile est épaisse, avec ptérostigma (région plus foncée). Les pièces buccales servent à mâcher.

Coleoptera

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Les coléoptères (scarabées, coccinelles) ont des ailes antérieures (avant) rigides qu’on appelle élytres. Repliées, ces ailes se rencontrent en ligne droite et couvent l’abdomen de façon partielle ou intégrale. Les pièces buccales servent à mastiquer.

Strepsiptera

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Un groupe bien particulier où les ailes antérieures (avant) sont réduites en haltères, seules les ailes arrière sont développées comme des éventails. Les strepsiptères femelles sont peu rencontrées puisqu’elles vivent dans l’abdomen d’autres insectes. Les femelles n’ont ni ailes, ni pattes, ni appareil buccal, ni yeux, et ne quittent jamais leur hôte. Les mâles sont rares, ne possèdent pas de bouche et vivent peu longtemps. Pas d’ocelle. Les appareils buccaux modifiés en structures sensorielles. Les mâles s’accouplent en injectant leur sperme dans l’hémolyphe (l’équivalent du sang chez les insectes) sous la peau d’une femelle. Les larves dévorent leur mère de l’intérieur avant de sortir de l’hôte actuel et partir à la recherche d’un prochain hôte à infester.

Mecoptera

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Les mécoptères possèdent un rostre allongé qui ressemble à un bec. Ils ont de longues mandibules et trois ocelles. L’abdomen est cylindrique et courbé vers le haut chez les mâles, ce qui leur donne une allure de queue de scorpion. Les ailes sont étroites et possèdent de nombreuses veines (ailes réduites ou absentes possibles).

Siphonaptera

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Les puces sont aplaties latéralement (sur les côtés). Le corps est équipé de plusieurs poils et épines dirigées vers l’arrière. Les jambes arrière servent à sauter. De solides griffes pour permettre de bien agripper l’hôte (peut-être votre chien ou votre chat, malheureusement!). Sans ailes. Les pièces buccales permettent de percer et de sucer.

Diptera

Les diptères (mouches, moustiques et moucherons) ont traditionnellement été divisés en deux groupes, soit Nematocera (longues antennes) et Brachycera (courtes antennes). Or, bien que les nématocères soient maintenant considérés comme un groupe paraphylétique (qui ont plus qu’un ancêtre commun), on fait encore parfois la distinction à des fins pratiques, comme lors du tri d’échantillons de pièges par exemple. On dit parfois que les mouches n’ont que deux ailes, mais en fait les ailes arrière sont réduites en haltères, des structures au rôle gyroscopique pour aider à la navigation (ailes réduites ou absentes possibles). Pièces buccales pour sucer/éponger.

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Les diptères nématocères regroupent les moustiques, les moucherons et les tipules. Les antennes comptent plusieurs segments (souvent plus que sept). Ces segments (flagellomères) sont de taille et de forme similaires les uns aux autres. Le corps est petit, fragile et mince (il y a des exceptions). On dirait que le dos de plusieurs est bossu. Seulement les femelles piquent puisqu’elles ont besoin des protéines de notre sang pour la fabrication des œufs.

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Les diptères brachycères (mouche domestique, mouche à fruits, syrphes) ont de courtes antennes habituellement de trois segments (parfois jusqu’à huit), de différentes formes et tailles. Les antennes sont typiquement constituées d’un filament qui émerge des segments plus proches de la tête. Ces mouches ont généralement une apparence robuste, bien que les exceptions soient communes.

Hymenoptera

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C’est l’ordre des guêpes, des abeilles et des fourmis. Ces insectes ont deux paires d’ailes membraneuses transparentes (bien que les ailes réduites et l’absence d’ailes soient des possibilités). Les ailes postérieures (arrières) sont plus petites que les ailes antérieures (avant). Les ailes avant possèdent souvent une trace distinctive plus foncée qu’on appelle ptérostigma. La tête est hautement mobile et compte trois ocelles. Les segments d’antennes (flagellomères) à partir du troisième sont souvent de taille et de forme semblable. L’exosquelette reflète la lumière. Les mandibules servent à mordre et à mâcher. Chez plusieurs espèces, la pièce buccale a évolué en une longue trompe. Les hyménoptères sont divisés en deux sous-ordres, soit Symphyta (les hyménoptères sans la constriction entre le thorax et l’abdomen qu’on appelle la « taille de guêpe »), et Aprocrita (les hyménoptères avec la « taille de guêpe »).

Trichoptera

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Les trichoptères sont des insectes généralement peu colorés dont les larves se développent en eau douce, dans des fourreaux formés de gravier ou de débris végétaux. Les veines dans les ailes ressemblent à des rayons de soleil qui irradient depuis le centre de l’aile vers les marges. D’ailleurs, ces ailes et le corps sont recouverts de petits poils. Les ailes se tiennent comme une tente au-dessus de l’abdomen, un peu comme chez la majorité des papillons de nuit. Les antennes sont longues et étroites, souvent dirigées vers l’avant. Les ocelles au nombre de deux ou trois. Les pièces buccales : des mandibules pour mordre et mâcher. Ne pas confondre avec certains lépidoptères (papillons); ces derniers ont les ailes recouvertes d’écailles et une trompe enroulée comme appareil buccal.

Lepidoptera

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Les papillons diurnes et nocturnes possèdent deux paires d’ailes recouvertes d’écailles. L’appareil buccal est une trompe enroulée qui se déploie. Il existe une exception chez le groupe Micropterigoidea, soit des papillons nocturnes avec des mandibules, assez difficiles à différencier des trichoptères. En général, les papillons diurnes ont des antennes filiformes et replient leurs ailes l’une contre l’autre de manière verticale au-dessus de leur corps tandis que les papillons nocturnes ont des antennes plumeuses et tendent à replier leurs ailes au-dessus de leur abdomen comme une tente.

Arthropoda (suite)

J’inclus ici quelques taxons supplémentaires, c’est-à-dire quelques groupes qui forment des unités taxonomiques possédant des caractéristiques communes, puisqu’on les rencontre de temps en temps dans la vie quotidienne.

Acari

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Les acariens et les tiques forment la sous-classe Acari. Ce sont de minuscules arachnides (classe) mesurant généralement de 0,08 à 1,00 millimètres, bien que certains spécimens puissent atteindre 10 à 20 mm en longueur. L’appareil buccal est adapté pour mordre, piquer, scier et sucer. Un sillon bordant la tête, une trace subtile indiquant une segmentation primaire, sépare les chélicères et les pédipalpes du reste du corps. Ils ont habituellement huit pattes.

Ordre Pseudoscorpionidae

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Les pseudo-scorpions sont de petits animaux qui, comme leur nom l’indique, ressemblent aux scorpions puisque leurs appendices frontaux (leurs pédipalpes) ont l’apparence de pinces. Ils mesurent entre 2 et 12 millimètres, avec un corps plat en forme de poire et possèdent huit pattes. Ces arachnides vivent dans le sol.

Araneae

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Les araignées ont un corps en deux unités, soit le céphalothorax et l’abdomen, et ils ont huit pattes. Contrairement à la croyance populaire, seule une petite fraction de ces carnivores tisse une toile pour attraper leurs proies. La plupart des araignées vont se cacher et surprendre leur proie en leur sautant dessus ou tendre une embuscade.

Opiliones

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On les confond souvent avec les araignées, mais les opilions sont un groupe à part, puisque leur corps ne semble comprendre qu’une seule unité ovale (en comparaison avec le corps des araignées séparé en céphalothorax et en abdomen), bien qu’il s’agisse en fait de la connexion entre le céphalothorax et l’abdomen qui soit large. Les pièces buccales sont des chélicères en trois parties, les plus éloignées formant des pinces. Ils n’ont qu’une paire d’yeux (s’ils en ont, car parfois ils sont absents) sur le dessus de leurs corps. Communément pourvus de très longues jambes bien fines, ces animaux sont incapables de produire de la soie comme les araignées.

Isopoda

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Les isopodes sont un ordre de crustacés qu’on appelle parfois cloporte. Ceux qu’on retrouve dans nos maisons se sont adaptés à une vie hors de l’eau, mais certains membres aquatiques de ce taxon peuvent atteindre les cinquante centimètres. Il serait un peu moins agréable de faire leur rencontre dans notre sous-sol! Le corps de ces animaux est aplati et un bouclier céphalique protège la tête. Le corps est recouvert de plaques articulées qui se chevauchent. Les pièces buccales servent à mordre et à mâcher. Ils possèdent sept paires de pattes.

Myriapoda

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Les centipèdes (Chilopoda) et diplopodes (Diplopoda) communément appelés « mille-pattes » se situent dans le sous-embranchement Myriapoda. Les centipèdes sont des prédateurs avec du venin et ils peuvent atteindre 30 cm de long! Les diplopodes sont détritivores et peuvent être d’excellent animaux de compagnie, pouvant atteindre 35cm de long. Ils ont de 8 à 400 pattes, possèdent des pièces buccales pour mordre et mâcher et vivent dans le sol.

Remerciements

Je tiens à remercier Dave Karlsson, directeur de la Station Linné en Suède, pour ses précieux conseils lors de l’élaboration de ce guide (et toute l’équipe de la station), ainsi que Dr. Morgan Jackson et Dr. Steve Paiero qui m’ont tant appris sur la diversité des insectes dans le cours intitulé Insect Diversity à l’Université de Guelph, cours pour lequel j’ai eu le plaisir d’être assistant à l’enseignement dans la section laboratoire deux ans plus tard; Dr. Charles Vincent qui m’a ouvert les yeux au monde des insectes dès un tout jeune âge; Dr. Stephen Marshall et Dr. Cynthia Scott-Dupree pour leurs enseignements au Costa Rica et en Équateur. Merci à Valérie Levesque-Beaudin pour sa révision de l’annexe. Je remercie Michaela Yee et Emily Hartop pour les articles de dessin Sakura Color (Pigma Micron) qui m’ont gracieusement été offerts pour réaliser les illustrations.

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[1] Les cerques sont des organes sensoriels au bout de l’abdomen qui aident l’arthropode à se situer dans son environnement. Ils sont parfois utilisés dans l’accouplement, comme défenses, ou peuvent être simplement des structures vestigiales qui ont perdu leur fonction initiale au cours de l’évolution.

[2] Exactement comme dans Star Wars VI de George Lucas; la créature enfouie dans le sable dénommée Sarlacc, sur la planète Tatooine, dans laquelle Jabba the Hutt tente de lancer Luke Skywalker et Han Solo.

Cultiver la curiosité pour récolter la relève

« Le secteur agricole est vaste, multiforme et en croissance. Comment sensibiliser le public à cette réalité et susciter l’enthousiasme à l’égard du secteur pour attirer des nouveaux venus? »

Lorsque je réfléchis aux moments phares de mon parcours préuniversitaire, je me souviens des classes vertes au primaire, d’un stage humanitaire au Sénégal, ainsi que d’un voyage de canot-camping sur la rivière Harricana en Abitibi à la rencontre de la Nation Anishnabe au secondaire. De tels événements inoubliables m’ont donné, à moi et à nombre de mes collègues, la piqûre pour les voyages et la soif de découvrir et comprendre le monde. Pourquoi? Parce que ces expériences étaient concrètes, qu’elles ont eu lieu sur le terrain; elles se prêtaient à l’apprentissage par l’expérience. L’agriculture saurait-elle en faire autant?

Si on m’avait demandé comment opère une ferme à 15 ans, j’aurais été incapable de formuler une réponse intelligible. Pour ma défense, j’ai passé le plus clair de mon enfance en milieu urbain ou suburbain. Nombreux sont ceux qui ignorent la réalité agricole.

À mon humble avis d’entomologiste, pour attirer la relève, il est impératif d’éduquer le public. L’heure est venue de montrer que l’agriculteur est capable de comprendre des phénomènes scientifiques complexes. J’ai eu la chance de côtoyer à l’Université de Guelph (Ontario Agricultural College) des étudiants enthousiastes, du premier cycle et des études supérieures, qui s’outillaient dans le but de s’impliquer au sein d’exploitations agricoles. L’innovation bat son plein. J’ai travaillé dans une PME québécoise dynamique et visionnaire qui offre aux agriculteurs des services agroalimentaires centralisés, des forfaits de suivi de culture, du dépistage, des recommandations agronomiques, et une visibilité internationale et des services de courtage à titre d’intermédiaire pour la vente de leurs produits, mais aussi l’analyse de rentabilité, l’aide à la recherche, le transfert technologique et l’expertise légale. J’ai étudié l’écologie des insectes à la maîtrise. Je travaille désormais dans un centre de recherche en grandes cultures où je collabore sur des projets de recherche en entomologie visant à déterminer des méthodes plus respectueuses de l’environnement qui permettront de minimiser l’impact des insectes ravageurs. Qu’ont en commun toutes ces expériences? Elles m’ont permis de connaître des producteurs à l’affût de la santé de l’environnement, désireux de trouver des solutions pour développer de meilleures pratiques agricoles et curieux de savoir sur quels projets de recherche je travaille.

Le secteur agricole en est un d’avenir! Pour créer l’engouement chez les jeunes et faire en sorte qu’ils croient et s’investissent dans son potentiel, nous devons vanter les percées et l’utilisation de nouvelles technologies de pointe. À titre d’exemple:

Pourquoi ne pas promouvoir des programmes dans les écoles, des visites de classes, des camps d’été, des cours de cuisine avec les aliments qu’on cultive, ou même des semaines vertes sur une ferme organisées autour de la production agroalimentaire? Il faut semer l’engouement jeune et passer le message qu’il y a un futur en agriculture, des emplois gratifiants, passionnants et importants. Comme pour les classes vertes du primaire, le stage au Sénégal et le canot-camping en Abitibi, je crois que l’initiation passe par le terrain, par la rencontre de l’autre, les deux mains dans la terre!

Toutefois, il serait trompeur d’entretenir une vision au travers de lunettes roses du secteur agricole. Et je crois qu’il est important de mettre en lumière ses défis – pour ne pas dire ses crises – afin de pouvoir les adresser : les suicides, les faillites, l’isolement, l’empreinte écologique. Ces maux sont les défis de la relève. Soyons bien clairs; il y a du travail à faire.

Mon mot de la fin est ceci. Le secteur agricole est vaste, multiforme et en croissance. Peu importe la discipline par laquelle on s’intéresse à l’agriculture, que l’on provienne de l’informatique, de la géographie, de l’enseignement, de l’ingénierie, de la culture, de la psychologie, du marketing, de la biologie, de la chimie, des communications, de la foresterie, de la finance, du droit, du tourisme, de la distribution et logistique, etc. À la croisée des chemins, il y a votre champ… d’expertise à découvrir! Comment sensibiliser le public à cette réalité et susciter l’enthousiasme à l’égard du secteur pour attirer des nouveaux venus? Il faut leur offrir la chance d’y prendre part dès la petite école : cultiver la curiosité pour récolter la relève!

* Ce billet de blog a été rédigé dans le cadre du Prix d’excellence pour les étudiants en agriculture de Gestion agricole Canada : https://www.fmc-gac.com/fr/programs-services/national-awards-scholarships-2/

Remerciements : Carla Parodi, Suzanne Deutsch, Alexis Latraverse

L’agriculture a besoin de fiction

L’agriculture a besoin de fiction
par Charles-Étienne Ferland

Dans le cadre du Prix d’excellence pour les étudiants en agriculture, l’organisme Gestion Agricole du Canada offre aux étudiants l’opportunité d’exprimer leur opinion sur un sujet lié à la gestion agricole. GAC se consacre à l’élaboration et à la distribution d’information spécialisée en gestion agricole au Canada. Cette année, la question est la suivante; Comment l’agriculture peut-elle combler le fossé croissant entre les collectivités rurales et urbaines? La réponse que je propose et, à la fois, le titre de ce billet de blogue : L’agriculture a besoin de fiction.

Je quittais la Convention Canadienne sur les grains organisée par le Canola Council of Canada et le Canada Grains Council qui s’est tenue au Westin de Montréal du 5 au 8 mars 2019. Je repensais aux discours des invité comme Shawn Kanungo, Kyle Jeworski et Justin Kingsley. Ce qui transpirait de leurs présentations, tant dans la forme que le fond, c’était l’importance du storytelling. Ça m’a rappelé un livre que j’avais commencé quelques semaines plus tôt.

Dans son essai « Sapiens : Une brève histoire de l’humanité », le professeur Yuval Noah Harari postule que l’être humain, Homo sapiens, doit son succès à sa faculté de croire en des choses qui n’existent nulle part ailleurs que dans sa propre imagination. Ainsi, l’auteur défend la thèse que, grâce à des inventions telles les structures politiques, les entreprises et les institutions légales, Sapiens parvient à établir des systèmes de coopération humaine à grande échelle. C’est-à-dire que des histoires qui ont un sens pour un groupe d’individus parviennent à donner une direction et un intérêt envers l’accomplissement d’une tâche : depuis la construction de pyramides jusqu’à la recherche contre le cancer. Que l’on la nomme histoire, construction sociale ou fiction, cette idée que l’on entretient, à propos d’un besoin à combler dû au fait que l’on valorise le résultat, permet à la collectivité de s’entendre pour réaliser des projets.

Ce n’est pas une idée novatrice que de proposer une fiction pour servir un dessein. Ça fonctionne! Prenez la populaire série Big Bang Theory qui a fait grimper le nombre d’inscriptions aux programmes universitaires en physique (Townsend, 2011). Ou bien la propagande de la Guerre froide où l’Allemagne de l’Est prétendait que des avions américains répandaient supposément des doryphores de la pomme de terre, et ce dans le but d’unir la nation pour contrer l’invasion (Burns, 2013). Plus récemment, la symbolique est reprise par la série Netflix intitulée Black Mirror (saison 3, épisode 5) lorsqu’un implant cervical fait en sorte que les militaires voient les immigrants illégaux (on suppose) comme des bêtes dépourvues d’humanité, dites roaches en anglais. La cinématographie est un outil exceptionnel pour sensibiliser, éduquer, encourager un certain parcours professionnel (voir Streufert, 2007; Guida, 2015; Rafei, 2016).

Bon, vous comprenez où je veux en venir avec le pouvoir des fictions. GAC cherche une solution pour combler le fossé croissant entre les collectivités rurales et urbaines. J’ai souris quand j’ai lu le titre du concours. Le fossé… Je donne même un exemple dans mon recueil de nouvelles paru cette année (Une dent contre l’ordinaire, Prise de parole, 2019)!

L’anecdote illustre le fossé entre l’urbanité et la ruralité, puisque la téléphoniste (d’un milieu urbain, on imagine ici) a tout de suite pris pour acquis que Chicks faisait référence à un service d’escorte, plutôt qu’à de petits poussins.

On a besoin d’un “Humans of New York” d’histoires de producteurs agricoles pour aller à la rencontre de l’autre. Il y a encore trop d’incompréhension chez les gens qui ne fréquentent pas le milieu rural et agricole sur des notions comme la lutte intégrée, les organismes génétiquement modifiés et l’agriculture biologique, pour n’en nommer que quelques unes.

La semaine verte, l’amour est dans le pré, les courses gourmandes ; ce sont des exemples d’initiatives pour inviter l’agriculture dans la culture populaire. Il faut continuer. Prochaine étape : une série télé sur dix ados de la ville qui passent un été sur une ferme? Une compétition pour la gestion agricole la plus équilibrée en termes d’empreinte écologique tout en obtenant des rendements intéressants? Un sitcom avec le producteur, l’agronome, l’entomologiste, l’entrepôt, les services de livraison? L’agriculture a besoin de se faire désirer, a besoin de nous inspirer et de nous étonner. Elle a besoin de nous montrer sa force, sa beauté. Elle a besoin d’une fenêtre positive, de faire rêver, de nous donner le goût, l’envie d’aspirer comme autrefois à avoir son lopin de terre.

Lien du concours: https://fmc-gac.com/fr/programs-services/national-awards-scholarships-2/

Références